Depuis 4 jours, je traîne une douleur dans le haut du dos, qui est remontée dans le cou, au point que la position assise prolongée n’est plus possible.
Un de mes gentils collègues, en me voyant m’auto-masser le cou m’a proposé de prendre un RDV chez un médecin acupuncteur à Mossoro même. A ces mots, je devins blême : c’est très gentil lui répondis-je, mais ça va pas être possible. Je tiens une tare (rien qu’une) de mon cher papa : la phobie des aiguilles.
Lorsque je dois avoir un rappel de vaccin ou une prise de sang, je dois me mentaliser au moins un mois à l’avance !
Bon nombre de mes amis ont eu l’occasion de voir l’effet que cela peut avoir sur moi. A la vue de l’aiguille qui doit pénétrer ma chair, en moins de temps qu’il me faut pour l’écrire, j’ai des sueurs froides, mes yeux pleurent, mes mains moites tremblent et j’ai l’impression que les murs se resserrent autour de moi. Seule issue : la fuite.
Avec une préparation mentale adéquate, j’y arrive, mais avec beaucoup, beaucoup de mal.
Revenons à nos moutons. J’explique donc le hic à mon collègue, qui appelle aussitôt le médecin en question pour demander si, par hasard, il faisait aussi des massages musculaires.
La secrétaire répond de sa plus belle voix que oui, sans problème, il faisait cela aussi. Soulagée, j’accepte, heureuse de voir une issue à ce mal de cou qui me fatigue tant.
Mon collègue prend donc le RDV pour quelques heures plus tard, en expliquant bien à la secrétaire que j’ai une phobie des aiguilles et que je ne ferai pas de séance « passoire ».
Nous voilà donc arrivés au cabinet du médecin. Il me reçoit, me pose 10000 questions sur mon état de santé (bon, je vous rassure, à part ce mal au cou persistant) et me demande de passer dans une autre pièce pour la suite. Evidemment, lors de la consultation, j’ai réussi à placer plusieurs fois dans la conversation que je ne supportais pas les aiguilles, ni même juste de les voir. Il souriait le bougre.
Etant persuadée que l’information du « NON AUX AIGUILLES » était passée, je me rends confiante dans l’autre pièce, me déshabille pour mettre un sorte de chemise de nuit bien trop large et m’installer sur la table de consultation.
Une aide du médecin entre alors dans la pièce, avec des … choses dans les mains, puis m’explique en sortant des AIGUILLES qu’elles sont vraiment toutes fines et ne font pas mal.
Sans même y réfléchir, je saute de la table, sors de la pièce avec précipitation habillée de cette blouse grotesque, trouve mon collègue, me mets à rire (nerveusement) en essayant d’expliquer à tout le monde dans mon portugais désastreux qu’il était hors de question qu’ils m’enfoncent ces instruments de torture dans la peau, que j’étais juste venue pour un massage, que je ne supportais pas les aiguilles et que s’ils essayaient de m’approcher ou de me forcer, je les mordrais et les réduirais en bouillie… J'étais sur mes gardes, pleurant, riant, tremblant... morte de peur…
Le médecin qui était resté dans son bureau, alerté par mes lamentations, est venu et a vite compris en me voyant que le massage sans aiguille s’avérait nécessaire pour me calmer.
Je sentais que ça allait arriver tout ça, avant même d'arriver chez ce médecin ! Je le savais ! Encore une fois, je n’ai pas suivi mon intuition.
C’est bien la dernière fois de ma vie que je mets les pieds chez un acupuncteur, même juste pour prendre un café. De toutes les façons, je ne bois pas de café…
Avec tout ça, j’ai toujours mal au cou…
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